Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /Sep /2008 18:08
Laurence FERRARI : Bonsoir madame Royal.
Ségolène ROYAL : Bonsoir.
Laurence FERRARI : Alors ce n’est pas toujours facile de comprendre ce qui se passe à l’intérieur du PS…
Ségolène ROYAL : Ca c’est vrai.
Laurence FERRARI : On va essayer d’être clair si vous le voulez bien. Est-ce que vous êtes toujours candidate au poste de Premier secrétaire ?
Ségolène ROYAL : Je n’en fais plus un préalable. Je crois qu’il faudrait être sourd ou aveugle pour ne pas voir la colère qui monte, l’exaspération, parfois même le dégoût de ceux qui nous disent : « ça va mal dans le pays et où êtes-vous les socialistes ? Que faites-vous ? Pourquoi vous disputez-vous pour des postes ? » Et moi, je veux mettre un coup d’arrêt à cette lente dégradation du niveau du débat au Parti socialiste. Je veux que nous montions d’un cran, et donc ce que je propose, c’est que chacun mette au frigidaire les questions de candidature soit au poste de Premier secrétaire, soit pire à l’élection présidentielle…
ITW Ségolène Royal – JT 20h. – TF1 – 15/09/2008


Une petite référence musicale :

Autrefois pour faire sa cour, on parlait d'amour.
Pour mieux prouver son ardeur, on offrait son cœur.
Aujourd'hui, c'est plus pareil,… …
Pour séduire le cher ange, on lui glisse à l'oreille :
« Viens m'embrasser, et je te donnerai :
Un frigidaire, un joli scooter, un atomixer et du Dunlopillo !
Une cuisinière avec un four en verre, des tas de couverts et des pell' à gâteaux,
Une tourniquette pour fair' la vinaigrette,
Un bel aérateur pour bouffer les odeurs,
Des draps qui chauffent, un pistolet à gaufres,  un avion pour deux et nous serons heureux !
La Complainte du progrès - Boris Vian -1955


Quelques réactions dans la presse :

« Encombrement au rayon surgelé » François-Xavier Bourmaud - Le Figaro -16 sept.

« Ségolène Royal : frigidaire, vous avez dit frigidaire ? » Michel Richard - Le Point.

« Aubry préfère « donner de la chaleur» plutôt qu’ouvrir le « frigidaire ». sur le site LE FIGARO.FR avec, en prime, ce lien sponsorisé du meilleur effet :
« Besoin d'un réfrigérateur ? » Losoneo compare pour vous tous les réfrigérateurs selon vos besoins ! www.looneo.fr


Et pour finir, voici ce qu'il en reste dans les interrogations de la Vox populi :

Suite à une diatribe de vingt pages sur le juste usage des mots…
Bloggeur 1 : « Je suis de ton avis, mais je crois que le mot est passé dans le dictionnaire (frigo, j'en suis sûr - frigidaire je crois), comme klaxon, delco..... Donc, si c'est le cas (je n'ai pas le dico sous les yeux), elle n'est pas en faute. »
Bloggeur 2 :  « Confirmation : le Petit Larousse définit le mot frigidaire(s) comme nom commun masculin. Donc elle n'a commis aucune faute. »
Bloggeur 3 : Vous en avez pas un peu fini avec vos pinaillages professoraux ? Lorsque la sémantique prend le pas sur le fond, il ne reste pas grand chose au débat politique…
Bloggeur 4 : Et si on cryogénisait les énarques ?

Par Anne Saint Dreux - Publié dans : Actualité sémantique
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Mardi 16 septembre 2008 2 16 /09 /Sep /2008 21:51
C’est un peu comme les « Promesses du jour ». On se dit que tout est possible… Mais Le Point ? C’est plus encore ; on va faire le point : sur tout, sur la vie, sur la planète, sur la marche du monde. Pour 3€50 nous allons nous remettre à niveau sur tous les points…
Voyons , voyons, Ah ! Le sommaire… Société, sciences, économie… Et en France, que se passe-t-il de beau ? Ah ! « Le mystère Dati ». Curieux titre pour parler de la Ministre de la Justice. L’aurait un bébé et on veut pas dire qui est le papa ? Elle va pas nous faire le coup de l’Immaculée Conception quand même ? On nous l’a déjà fait quand nous étions tout petits, au catéchisme… Là, çà va, on est au XXIème siècle, on va attendre qu’elle accouche ! Un événement dont on ne veut rien dire devient un non événement sauf pour ceux qui veulent à tout prix parler pour ne rien dire.
Voyons , voyons, qu’est-ce qu’il y a d’intéressant à la rubrique culture ? Chouette : « une interview pirate : Michel Houellebecq, la possibilité d’un film. »
    —    Et cela donne quoi ?
    —    Deux pages de confiture.
    —    Qué confiture ?
    —    C’est comme la culture : moins on en a plus on l’étale.
    —    Il y a un problème ?
    —    Non, il y a un absent : Michel Houellebecq.
    —    Et pourtant, ce sont deux pages d’interview…
    —    Oui, mais l’introduction précise que ce sont des propos NON recueillis par François Guillaume et Christophe Ono-dit-Biot. Le petit Michel, il est tout chonchon parce qu’on n’a pas aimé son film. Alors, il boude. Veut plus répondre aux questions.
    —    Ce Christophe Ono-dit-Biot, c’est pas l’homme qui avait meublé l’absence de Christine Angot lors de la dernière émission de Picouly ? Elle aussi elle boudait.
    —    C’est cela même. Et là, il recommence. Pas mal comme système. C’est peut-être son fond de commerce. Les gens qui ne viennent pas sur les plateaux, qui ne répondent pas au téléphone. A mon avis, il va devenir le spécialiste des absents, le Mac Gyver des auteurs récalcitrants, le magicien des disparus rendus bavards par sa grâce, le champion du dédoublement, l’accoucheur des âmes volatilisées…
    —    Tu exagères.
    —    Non, non. Il a un filon, faut qu’il l’exploite. Il pourrait annoncer le retour de Marlon Brando se réincarnant pour se prêter à une de ces facéties…
    —    J’ai une idée.
    —    Dis toujours.
    —    Il devrait interviewer le fœtus de Rachida Dati.
    —    Tu es horrible. Et il poserait quoi comme question ?
    —    On s’en fout des questions puisque, de toutes façons, c’est lui qui fait les réponses.
    —    C’est vrai. Et en plus, il est pas rancunier le gars. Pour Christine Angot, ils avaient généreusement dit :  « Vous venez quand vous voulez, la porte est ouverte. » Et pour Houellebecq, il conclut : « … En tout cas, nous on vous aime, Michel. »
    —    Vachement chrétien comme attitude. Et si on lui mettait une petite claque ? Tu crois qu’il tendrait l’autre jour ?

Anne Saint Dreux www.lesilesdusalut.com
A propos du Point, édition du Jeudi 4 septembre 2008
Par Anne Saint Dreux - Publié dans : Actualité littéraire
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 20:22
On est content, on étrenne une nouvelle émission. On s’est fait tout beau et on annonce : « Au menu : une absente, Christine Angot. » L’a pas voulu venir. Elle craignait qu’on n’aime pas son livre et qu’on le lui dise en face. L’a eu de la chance la Christine car, en évitant une critique frontale, elle a eu droit à quinze minutes de : « Si elle avait été là, on lui aurait dit ceci et cela, et patati et patata, et tralali et tralala… ».
Finalement ils étaient pas si méchants, les joyeux troubadours, Christophe Ono-dit-Biot et Frédéric Andrau, tout reconnaissants qu’ils étaient de ne pas avoir à partager le regard des caméras avec elle. L’absence adoucit les mœurs.
Du coup, la fugitive s’érigeait en personnage mythique, un Commandeur absent et omniprésent tout à la fois. Chapeau pour la mise en scène. La meilleure façon de faire parler de soi est de disparaître.
— Et ils ont parlé du livre ?
— De quel livre ?
— Du sien, pardi : du Marché des amants…
— Euh… Je me souviens qu’ils ont raconté certaines anecdotes : « morte de trouille à l’idée de franchir le périphérique en mobylette », « une certaine peur du neuf trois ou du dix-huitième (arrondissement) », je ne sais plus…
— Et le livre ?
— Il se vend bien.
— Mais la littérature dans tout çà ?
— Qué littérature ? Mais de quoi tu parles ? Tu te rends pas compte ! Là, on traite de sujets beaucoup plus graves, des sujets de société. Par exemple : un Noir avec une Blanche, c’est pas un problème çà ? Il paraît qu’on n’avait pas trop écrit là-dessus avant, c’est du neuf - pas de la déco -, c’est fondamental.
— Ah bon…
— Ils ont aussi abordé la cause des femmes… Enfin, d’une certaine manière… Se faire baiser par devant ou par derrière, telle était la question.
— Pardon ?
— Ben oui, c’est l’angoissante problématique du trou. Faut pas se tromper ! Même qu’elle le répète plusieurs fois dans le livre. Elle a peur, je te dis, elle a peur cette femme.
— Qué trou ?
— L’abîme, l’espace abyssal, notre trou noir à nous, la super nova de nos entrailles. Notre envers secret. C’est presque une approche métaphysique. Enfin zut ! Tu comprends rien à rien. — Euh, sans doute. Il doit y avoir des choses qui m’échappent. C’est vraiment important ?

Anne Saint Dreux www.lesilesdusalut.com

A propos de l’émission « Café littéraire » du Vendredi 5 septembre 2008
Par Anne Saint Dreux - Publié dans : Actualité littéraire
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